Cyclisme
QU'APPORTENT
LES ETIREMENTS EN CYCLISME ?
Les
étirements actuels analytiques que vous pratiquez, que
la plus part des sportifs utilisent, ont aucune efficacité
à long terme. Alors, je les pratique peu souvent ou je
n'en fais pas !
Résultat: ma raideur gagne du terrain, je perds peu à
peu ma bonne position, j'ai des douleurs surtout dans les longues
descentes et parfois mes sorties longues deviennent un calvaire
.
Ce site vous permet d'avoir une information sur les possibilités
de découvrir une nouvelle technique, difficile peut-être
mais logique et performante !
Au départ, seuls les kinésithérapeutes pouvaient
recevoir une formation pour utiliser la technique SGA, aujourd'hui
une nouvelle politique est en place et cette formation est ouverte
aux entraîneurs, professeurs d'EPS, moniteurs, à
toutes personnes désirant encadrer des cours de stretching
"nouvelle version". Dans certains sports
très médiatiques, les kinés qui encadrent
ces équipes ont déjà suivis cette formation.
POURQUOI PAS VOUS ?
Un
stage de trois jours est proposé, il vous donnera les bases
nécessaires pour encadrer des sportifs ou des groupes de
stretching pour "monsieur tout le monde "
A
vélo, la clef de la réussite passe par une bonne
position. Certains coureurs ont une mauvaise position sur
leur vélo, faute davoir une souplesse corporelle,
nécessaire à la recherche de la position la plus
aérodynamique.
Quand je regarde un groupe de cyclistes
défilés devant moi, je remarque que chacun deux
a une silhouette différente, chacun a une position bien
particulière. Chacun espère une position le plus
aérodynamique possible, la plus relâchée,
la plus économique tout en étant la plus efficace,
pour cela chacun utilise au mieux sa souplesse globale
pour avoir accès au positionnement le plus rentable et
le moins traumatisant, mes dés linstant où
une partie de son corps est trop raide, il faut alors renoncer
à cette position idéale et perdre un peu de son
efficacité ou compenser par un déséquilibre
dans une autre partie du corps, ce qui entraînera alors
une diminution de la performance à long terme.
Nous avons deux possibilités
daugmenter notre potentiel physique par lutilisation
des étirements, lassouplissement des muscles gênant
le bon déroulement du pédalage et les muscles ne
permettant pas un bon positionnement sur le vélo.
LE
PEDALAGE
Si le but de l'entraînement est d'acquérir la plus
grande force possible de pédalage, il y a une notion souvent
oubliée par les cyclistes : la vélocité.
C'est l'art de pédaler vite et puissamment, c'est une qualité
qui se travaille jeune mais qui se perd avec la diminution de
la souplesse des muscles.
Lors du cycle
de pédalage, plusieurs actions musculaires, parfois antagonistes,
doivent se succéder. La coordination des muscles de chaque
articulation devient alors un élément très
important dans la recherche de la performance... Un bon rendement
entre muscles agonistes et antagonistes, permet une meilleure
vitesse et une épargne musculaire qui peut faire la différence
dans les derniers kilomètres.
Biomécanique SGA
du pédalage
La biomécanique correspond aux déplacements des
segments osseux par les muscles autour des articulations.
Ici, nous nous adressons au cyclisme de type sportif ou de compétition,
utilisant un matériel moderne ; c'est à dire avec
des pédales de compétition avec un système
d'attache automatique(ce qui rend le pied solidaire de la pédale).
Avant de rentrer plus profondément dans chaque articulation,
on distingue actuellement quatre phases dans le pédalage
moderne :
une phase de poussée supérieure vers l'avant qui
se poursuit vers le bas, qui se continue par un tirage du pied
en arrière qui est souvent considéré comme un temps "mort" et une remontée de ce même pied
vers le haut.
Les deux gros temps forts se trouvent dans la poussée du haut vers le bas et dans la remontée arrière.
Lorsque le cycliste applique une force sur la pédale, seule
la composante tangentielle à la trajectoire de la pédale
est rentable. Les autres composantes sont perdues.
La phase de poussée est très rentable sur le plan
mécanique. C'est au niveau des phases de transition et
des phases de tirage que le "gaspillage" est le plus
important.
Lors du symposium
" cyclisme et performance " à Toulouse, une recherche
sur la détermination par l'IRM et l'EMG des muscles impliqués
dans le pédalage chez des cyclistes professionnels, a été
entreprise.
Les auteurs rapportent qu'il existe une importante variabilité
interindividuelle dans le recrutement des différents muscles
impliqués dans le pédalage chez une population de
cyclistes professionnels homogène en terme de puissance
maximum aérobie.
En conclusion de ce long travail, chacun de nous, utilisons nos
muscles selon nos possibilités ! Le corps a géré
ce problème avec les moyens dont il dispose .
En
SGA, notre recherche s'oriente d'abord sur les muscles
effectuant le mouvement, en sachant que chaque cycliste va utiliser
ses muscles de façon différente.
1°-Il nous
faut étudier les muscles utilisés pour le pédalage:
les étirer
2°-Chercher les muscles ou chaînes
antagonistes qui freinent ou génent l'efficacité
du pédalage: les étirer !
En SGA nous
étirons que des chaînes musculaires ! Un mouvement
utilise toujours une chaîne de muscles, donc il serait illogique
d'étirer qu'un muscle à la fois.
Etudions
la biomécanique des muscles de ce geste :
1° Le membre étudié est dans sa phase de poussée
(la plus rentable ) C'est d'abord le quadriceps qui entre en jeu
par sa contraction, il est épaulé par les fessiers
( surtout le grand fessier ) et le triceps. qui vient aider le
quadriceps dans son extension.Le droit antérieur est un muscle de la statique et perticipe peu à ce mouvement. Il ne faut pas oublier le poids
du membre inférieur qui s'ajoute à la force musculaire
pour faire descendre la pédale.Ce même poidsde l'autre membre vient freiner le mouvement. Ce poids doit être
utilisé pour la poussée, ce qui nécessite
une bonne coordination. Durant la phase de poussée, le
bassin doit être fixé par les stabilisateurs du bassin
(abdominaux, carrés des lombes). Sans leur action puissante
nous serions soumis à une surélévation de
l'hémi bassin.
C'est une phase d'extension pour la hanche, le genou et la cheville.
ooooooooooooo
2° On
arrive dans la phase de tiré arrière plus ou moins
horizontale du pied, il y a la fin de l'extension de la hanche
donc une continuité de l'action des fessiers et une prise
de relais du couple ischios-triceps (surtout par les jumeaux ) Cette force devient de moins en moins puissante, on arrive à un certain point mort.
La cheville
est en flexion plantaire de quelques degrés. Cette phase
doit s'enchaîner de la façon la plus souple. Là encore , l'utilisation du pied est très constrastée, selon la souplesse de base.
ooooo oooooooooooooooo
3° On arrive à la phase de tiré vers le haut.
Cettte action se déroule grâce à la contraction,
des ischios ( qui vont fléchir le genou ) et des psoas
( qui vont prendre le relais en fléchissant la hanche)
Au niveau de la cheville, les extenseurs de pied vont contribué
au tirage vers le haut de la pédale. C'est la phase la
moins instinctive du pédalage.C'est une phase de relâchement
et de récupération pour le quadriceps et le triceps.
L'appui sur la selle constitue le point fixe du mouvement.
ooooooo
ooooooooooooooo 
4°On est
alors à la phase de poussée vers l'avant, on commence
à utiliser le quadriceps.
Le cycle de
pédalage permet, pour chaque groupe musculaire, l'alternance
de phases d'activité et de récupération.
Plus le cycliste sera coordonné et relâché,
plus il pourra bénéficier de ces phases de récupération.
En résumer: Proposition de répartition des taches
des muscle dans le pédalage.
oooooooo 
AU
NIVEAU DE LA HANCHE ..................................AU
NIVEAU DU GENOU

AU
NIVEAU DE LA CHEVILLE
Pédalage
et bassin
L'efficacité
du pédalage passe aussi par une bonne stabilité
du bassin, et si vous avancez les fesses sur la selle, vous devez
compenser par le redressement du tronc et de la tête avec
un dos creux ou au contraire faire un dos rond.
Dans ce cas, vous aurez une position aérodynamique plus
pénalisante.
Le pédalage
les fesses bien en arrière sur la selle est plus rentable
que le pédalage avec vos fesses avancées.
Avec les mêmes angulations au niveau du genou, le pédaleur
en vert aura une plus grande phase de poussée de A vers
C que le pédaleur en rouge de B vers C
La poussée est plus productive surtout dans les premiers
degrés or c'est justement au début que le pédaleur
rouge perd cette énergie précieuse qu'il ne pourra
pas rattraper par la phase de tirage arrière. Cette poussée
stabilise le bassin, alors que le tirage ( de C à A ) fait
glisser le coureur sur sa selle.
La possibilité de pédaler le plus en arrière
possible sur sa selle dépend de la souplesse de son bassin.
Le déhanchement
du coureur pendant le pédalage est souvent du à
une selle mal réglée, mais aussi à une raideur
des muscles des chevilles.
---Un pied trop en avant donne de la puissance au coup de pédale
au début mais cette musculation entraîne une raideur
secondaire et une perte d'efficacité à long terme.
---Un pied trop en arrière permet beaucoup de souplesse
dans le geste mais perd de sa puissance.
Si le corps
doit se plier aux exigences du cyclisme, autant régulariser
soi même les possibilités d'adaptation à la
machine.
INFLUENCE DE LA CADENCEDE PÉDALAGE
Quelle est la cadence la plus rentable :
de gros développements à vitesse lente ou de petits
développements à vitesse élevée ?
J'ai bien
aimé la conclusion du docteur P Audry
LE CYCLE DE PEDALAGE article du Dr Pascal Audry dans le site:
cycling-avenue.ch
Dans une série de publications, Neptune et Coll. ont montré
que sur les parcours plats, le rendement le plus important se
situe entre 90 et 110tours/min. La plupart des records de l'heure
ont été établis à des cadences de
pédalage supérieures à 100 tours/min.
Pour des cadences plus basses, les durées de contractions
sont prolongées, les phases de repos sont moins fréquentes,
conduisant à une fatigue musculaire plus rapide.
Pour des cadences plus élevées, les différentes
étapes du cycle de pédalage se télescopent
et on voit apparaître certaines contractions musculaires
parasites qui s'opposent au mouvement. La cadence de pédalage
est influencée par le relief. Sur le plat ou en descente,
la vitesse de déplacement est plus élevée,
l'inertie en rotation des roues est donc importante, ce qui auto
entretient la cadence de pédalage. Il est facile de garder
une cadence de pédalage élevée. Dans les
côtes où les contraintes musculaires sont plus importantes,
il est bien plus difficile de rester coordonné. Les vitesses
sont réduites et l'inertie des roues devient négligeable.
La cadence de pédalage diminue naturellement à 70-80tours/min.
Il est probable que l'entraînement joue un grand rôle
dans la maîtrise des cadences élevées. Les
succès de Lance Amstrong par exemple semblent dus en partie
à une coordination parfaite et une maîtrise du pédalage
à des cadences élevées, y compris en montagne.
CONCLUSION
La biomécanique du pédalage est à l'image
du vélo : simple au premier abord, mais subtile et passionnante.
L'étirement est un outil important pour améliorer
ce geste.
LE
POSITIONNEMENT
Les freins
qui s'opposent au cycliste:
- la résistance de l'air et la traînée aérodynamique
sur le corps du cycliste (65% à 40 km/h)
- la résistance de l'air et la traînée sur
le cadre et les roues (31 %)
- les résistances au roulement (4 %) dues aux frottements
et aux frictions des différents axes et parties roulantes
du vélo.
La
résistance de l'air chez ce cycliste lui demande une puissance
de 131,5 watts pour un travail donné.
La
résistance de l'air chez ce cycliste lui demande une puissance
de 107,7 watts pour le même travail donné.
La
résistance de l'air chez ce cycliste lui demande une puissance
de 88,7 watts pour le même travail donné.
A partir de ma position:
Est-ce que cette position me permet un bon rendement aérodynamique
? On sait, grâce aux recherches en aérodynamique
que la position la plus économique se situe le buste le
plus horizontal possible, mais cette position dépend beaucoup
de la souplesse du coureur.

Quest-ce
qui mempêche dobtenir cette position ?
---LA
CHAINE POSTERIEURE est souvent rétractée et
nous utilisons énormemment la posture à orientation
"Pelvis" C'est une posture indispensable pour le cycliste
qui en plus peut se faire seule en respectant les bases du SGA
Je vais donc rechercher ma position idéale
!!!
en prenant soin de ne négliger aucun paramètre à
ma disposition ( dimensions du cadre, du cintre, de la selle
).
A partir de cette position:
Est-ce que cette position me permet un bon rendement
aérodynamique ? On sait, grâce aux recherches en
aérodynamique que la position la plus économique
se situe le buste le plus horizontal possible, mais cette
position dépend beaucoup de la souplesse du coureur.
Quest-ce qui mempêche
dobtenir cette position ?
-
Position idéale ?
Sur cette photo, le coureur se rapproche de la position la plus
efficace :
-- il est bien en arrière sur sa selle
-- il a une très bonne souplesse de langle
tronc cuisse, ce qui lui permet davoir son buste le plus
à lhorizontal possible sans compensation
On a : efficacité
du pédalage+ position aérodynamique bonne + sans
compensation
- Des positions intermédiaires :
Si on étudie les muscles qui freinent cette souplesse,
on se rend compte que lon se trouve devant une chaîne
musculaire et non un muscle précis. Là encore, on
retrouve le travail sur la chaîne postérieure ; ce
manque de souplesse peut entraîner :
----
soit un dos rond avec une augmentation
de la pénétration dans lair
Pour ce coureur, tout est raide
-- langle tronc-cuisse est très ouvert
-- la colonne est trop raide pour permettre des compensations
pour un buste horizontal
On a : efficacité
du pédalage diminué par la raideur des muscles des
hanches+ aucune possibilité dun positionnement aérodynamique
---- soit une position de selle très avancée
avec une perte defficacité du pédalage
Cette position masque la raideur de langle tronc-cuisse
et le coureur compense ce déficit en avançant sur
la selle
On a : efficacité
du pédalage diminué à long terme+ position
aérodynamique correcte
---- Des intermédiaires:
A coté de ces positions extrêmes,
le corps va utiliser des tricheries plus locales ou personnalisées.
Sur cette photo, langle tronc-cuisse et les vertèbres
lombaires basses sont raides compensés par une bonne souplesse
du reste de la colonne
Dans le cas de cette triathlète, cest la zone «
dite de compensation lombaire haute et dorsale basse » en
jaune sur la photo qui récupère toutes les raideurs
de la position, mais pendant combien de temps ?
Chez ce coureur, il y a trois grosses zones de raideur, mais la
position horizontale est quand même obtenue grâce
à une accentuation des zones intermédiaires A et
B, ce qui occasionne des souffrances possible à court terme
et surtout à long terme.
La musculation due à la répétition
du geste sur des années entraîne une rétraction
des muscles utilisés aussi la position idéale, celle
qui associe lefficacité et le bien être, sera
de plus en plus difficile à avoir. Chaque coureur aura
ses propres compensations qui entraîneront ses propres défauts
et malheureusement le temps ne jouera pas en sa faveur.
Les
étirements, dont le but est le gain de longueur, apportent
deux réponses interressantes dans la recherche de la performance
en cyclisme.
Il
serait vraiment dommage de ne pas consacrer une heure par semaine.
Maintenant
je vous invite à retourner au chapitre "fondements
de la méthode" car sans des bases sérieuses
et testées depuis des années avec la rééducation
posturale globale, le gain ne sera pas à la hauteur de
vos espoirs.
QUELQUES
PATHOLOGIES LIEES A LA PRATIQUE DU CYCLISME
La
pathologie rhumatismale chez le cycliste
A. HADDAD*, Th. BOYER**, J.M. FUSTER**
*Service de rhumatologie, hôpital Lariboisière, 2,
rue Ambroise Paré, 75010 Paris.
*Service de rhumatologie, hôpital Bichat, 46 rue Henri Huchard,
75018 Paris.
INTRODUCTION
La prise en charge des pratiquants du cyclisme ne peut s'envisager
correctement que si la praticien connaît bien le matériel
utilisé et la technologie de ce sport . Un grand nombre
de lésions , tendineuses en particulier, sont en effet
directement liées à un défaut technique ou
à un mauvais réglage du vélo.
Nous envisagerons d'abord la technologie de la bicyclette et du
pédalage, puis la pathologie rhumatismale chez le cycliste
par topographie : pathologie thoracique, syndromes canalaires
du poignet, rachis et syndrome du pyramidal d'une part, pathologie
du genou, endofibrose iliaque externe, et pathologie de la selle
d'autre part.
I-
Les pédales automatiques remplacent maintenant les cales
et les cale-pieds (du moins pour le cycliste utilisant un matériel
d'un certain niveau). L'avant de la chaussure est fixée
à la pédale par une fixation comparable à
une fixation de ski. Le pied se dégage de la fixation par
un mouvement de rotation externe. Les premières fixations
ne tenaient pas compte de la rotation automatique du tibia sous
le fémur pendant le pédalage et entraînaient
des douleurs du genou qui ont fait renoncer les premiers utilisateurs.
Depuis, des fixations respectant cette rotation automatique par
une liberté partielle du pied en rotation sont apparues.
Dans ces conditions, l'immense majorité des cyclistes ont
opté pour ces pédales automatiques. Cependant, certains
inconditionnels et les cyclistes de loisir restent fidèles
aux systèmes traditionnels.
II - Physiologie du pédalage.
Le pédalage comprend pour chacun des membres inférieurs
deux temps principaux (16). Le premier, le plus efficace, est
l'allongement du membre inférieur qui provoque l'abaissement
de la pédale. Le second est la remontée de la pédale
en arrière. Il peut s'agir d'un temps purement passif où
l'effort est produit par le membre controlatéral mais,
grâce à la fixation du pied à la pédale,
il peut y avoir un mouvement actif de flexion du membre inférieur
avec élévation de la pédale et abaissement
de la pédale controlatérale de façon synergique
avec le mouvement d'extension du membre inférieur opposé.
Entre ces deux temps, il existe deux " points morts "
haut et bas. Cependant les cales de chaussures permettent de rendre
motrices même ces deux phases critiques: au point mort haut,
l'extension du genou transmise par la cale postérieure
pousse la pédale vers l'avant. Au point mort bas, l'extension
de la cheville combinée à la flexion du genou transmise
par la cale antérieure, tire la pédale vers l'arrière.
Lors du mouvement de pédalage avec une hauteur de selle
bien réglée et des manivelles adaptées, le
genou passe de 15-20° de flexion pédale en bas à
110° pédale en haut. Nous savons (9) que le genou étant
en extension complète, le tibia se place en rotation externe
(17° en moyenne). Cette rotation externe s'annule progressivement
dans les 15 premiers degrés pour Commandré (4).
C'est la rotation automatique du tibia sous le fémur. Les
contraintes de l'articulation fémoro-tibiale sont faibles
et généralement inférieures au poids du corps
(elles peuvent s'en rapprocher pendant une courte période
lors des montées en " danseuse ", voire le dépasser
quand le cycliste tire fortement sur son guidon). En revanche,
il existe une sollicitation constante de la fémoropatellaire.
L'étude de la contraction des différents groupes
musculaires lors du pédalage a été faite
il y a près de 40 ans par Griffié et Monod (7).
Bien qu'incomplète (pas d'étude des ischiojambiers;
pas de précision quant à l'existence de cale-pieds
ou de cale-chaussures) elle montre bien le chevauchement des phases
de contraction des quadriceps droit et gauche. La contraction
débute avant le point mort et se poursuit sur plus de la
moitié d'un tour de pédalier. Un cas particulier
est le pédalage en " danseuse ". Le cycliste
n'est plus assis sur la selle. Le quadriceps effectue le travail
d'extension du membre inférieur et transmet le poids du
corps et l'effort de traction sur les membres supérieurs.
Il s'agit en pratique d'efforts très violent mais de courte
durée.
Pathologie rhumatismale
1.1. Le syndrome du grand pectoral.
Le syndrome du grand pectoral ( fig. 3) se traduit par une douleur
thoracique en masse irradiant volontiers aux membres supérieurs.
La douleur est décrite par le coureur comme un " serrement
de la poitrine ". Elle ressemble à une douleur d'origine
cardiaque mais un caractère sémiologique permet
de la reconnaître: typiquement, elle n'apparaît que
lorsque le sujet se met " en danseuse " et tend à
disparaître lorsque le sujet se relâche et reprend
sa position sur la selle. Cette douleur est interprétée
comme la conséquence d'une contracture douloureuse des
muscles pectoraux mis en traction lorsque le coureur quitte ses
appuis fessiers. Néanmoins, Il est parfois difficile de
trancher entre douleur coronarienne et douleur extra-cardiaque
surtout quand on sait que les cyclistes de compétitions
ont souvent des modifications électrocardiographiques liées
à l'hypertrophie myocardique. Des explorations cardiaques
spécialisées sont alors nécessaires.
1.2. Le surmenage du grand dentelé
(serratus anterior).
Le grand dentelé ou serratus anterior (5) a ses origines
les 8 ou 9 premières côtes et se termine sur l'omoplate,
à la face antérieure de l'angle de l'omoplate et
de son bord spinal (Fig.4). Il a pour rôle et particulièrement
sa portion supérieure, de s'opposer au recul de l'omoplate
lorsque l'on pousse en avant, bras tendus et bloqués horizontalement
à la hauteur des épaules. La position du cycliste
en antépulsion, appuyé bras tendus, provoque une
sollicitation permanente du grand dentelé. Les contraintes
mécaniques répétées sur les insertions
musculotendineuses costales du muscle entraînent des douleurs
souvent comparées à un " point de côté
" thoracique. Les causes de survenue de ce syndrome sont
variable. Il peut s'agir d'une erreur de position, le cycliste
cherchant à compenser une douleur de selle ou des membres
inférieurs en maintenant les mains en bas du cintre, bras
tendus ou d'une erreur technique, guidon trop étroit avec
bras collés au corps (la longueur du cintre doit correspondre
au diamètre des épaules).
1.3. Les xiphodynies.
L'appendice xiphoïde reçoit en avant les insertions
musculaires des grands droits de l'abdomen et du diaphragme en
arrière. Les contractions réitérées
de ces deux muscles peuvent entraîner une douleur exquise
de l'appendice xiphoïde. Souvent la douleur n'apparaît
qu'à partir d'un certain degré d'effort et limite
l'exercice physique. Les cyclistes qui tirent violemment sur le
guidon lors des démarrages et des ascensions et ceux qui
pédalent en " danseuse ", les mains en bas du
cintre, sont exposés à la xiphodynie.
2. Les syndromes canalaires du
poignet
Dans l'ensemble, les compressions nerveuses au poignet sont rares
chez le cycliste (12, 13). Néanmoins les adeptes de longs
parcours se plaignent parfois de paresthésies des doigts
voire de manifestations neurologiques plus importantes des mains.
Le plus souvent, ce phénomène est dû à
un étirement ou à une compression du nerf cubital.
Plus rarement, le nerf médian est impliqué.
2.1. Physiopathologie.
La position générale du cycliste et surtout celle
des mains et des bras, intervient efficacement pour limiter au
maximum les microtraumatismes des épaules, du thorax et
du dos provoqués par les inégalités du bitume.
Les mains sont donc en première ligne pour recevoir ces
microtraumatismes. Leur position sur le guidon les expose aux
compressions nerveuses. Le nerf cubital passe au poignet dans
la loge de Guyon ou il est physiologiquement à l'étroit.
Mais, autant ou plus que sa compression directe, c'est son étirement,
par l'hyperextension et l'inclinaison cubitale de la main sur
l'apophyse unciforme de l'os crochu, qui est responsable de la
lésion neurologique chez le rouleur (Fig.6). Plusieurs
facteurs aggravants entrent en jeu: le manque d'entraînement
du coureur (qui lui fait adopter une mauvaise position sur la
route), l'utilisation d'un matériel inadapté qui
retentit sur la prise du guidon (mauvais réglage de la
selle par exemple), la forme du guidon (poignée défectueuse,
guidon plat mal réglé, guidon de course réglé
trop bas). La mauvaise qualité de la route est également
un facteur aggravant fréquemment souligné. Le nerf
médian est plus rarement en cause chez le cycliste. Seule
une compression directe prolongée du poignet sur le cintre
(Fig7) peut déclencher des manifestations pathologiques.
2.2. Symptomatologie.
2.2.1. Atteinte du nerf cubital.
L'atteinte est bilatérale dans plus de la moitié
des cas et le plus souvent asymétrique (12). Elle prédomine
alors sur la main dominante qui reste en permanence sur le guidon.
L'apparition des signes déficitaires est le plus souvent
progressive. Les troubles sensitifs des deux derniers doigts apparaissent
d'abord sous forme de paresthésies ou d'élancements
douloureux qui forcent le sujet à agiter la main, puis
inconstamment, si la randonnée se prolonge, peut apparaître
un déficit moteur qui alerte le coureur. Sur 35 cas publiés
dans la littérature et regroupé par J.P. de Mondenard
(12), 67% avait une atteinte motrice et sensitive, 12,5 % avaient
une atteinte motrice pure touchant tous les intrinsèques,
8% avait une atteinte sensitive pure. L'électromyogramme
permet de préciser le type de l'atteinte sensitive, motrice
ou mixte et parfois même de mettre en évidence des
atteintes dissociées (selon les branches de division du
nerf cubital après la loge de Guyon, affectées par
la compression). Le plus souvent l'atteinte neurologique est fugace
disparaissant quelques heures après la descente du vélo.
Néanmoins, en cas d'atteinte motrice persistante, la récupération
peut prendre deux à trois mois après l'arrêt
total de la bicyclette.
2.2.2. Atteinte du nerf médian.
Plus rare que l'atteinte cubitale, elle se manifeste après
plusieurs heures de route en général. Les trois
premiers doigts de la mains fourmillent et s'engourdissent avec
des sensations parfois très désagréables
de " coups d'électricité ". Les symptômes
s'apaisent lorsque le coureur remue la main ou change de position
sur le guidon. Il n'y a jamais de signe déficitaire permanent
et les symptômes disparaissent dans les quelques heures
qui suivent la course. En l'absence de traitement la récidive
est fréquente dès qu'il remonte en selle. La survenue
du syndrome en dehors de la course doit faire suspecter une compression
latente décompensée par le vélo.
3.1. Biomécanique.
3.1.1. Rachis lombaire
Le corps du cycliste positionné sur le vélo comporte
trois unités fonctionnelles (9) : en avant l'unité
directrice correspondant aux membres supérieurs, en arrière
l'unité motrice correspondant aux membres inférieurs
et en position intermédiaire le rachis. La force motrice
des membres inférieurs entraîne des contraintes importantes
sur le rachis et les membres supérieurs. Au rachis c'est
surtout le segment lombaire qui souffre en raison des contraintes
positionnelles (2,22). Un cycliste assis sur un vélo immobilisé
par un stabilisateur et gardant son buste vertical, les mains
posés sur un guidon droit ou même sans appui, reste
en antéversion du bassin, conservant une lordose lombaire.
En revanche, dès qu'il se met à pédaler contre
résistance son bassin est basculé en arrière
par la mise en jeu des extenseurs de hanches (grands fessiers
et ischio-jambiers), ce qui efface la lordose lombaire et fait
bailler les disques en arrière (8). La situation est en
fait différente selon le terrain. Lors du pédalage
en terrain plat ou en descente le cycliste a le buste penché
en avant. L'existence simultanée d'une cyphose dorsale
et lombaire est ici autorisée par l'horizontalité
relative du tronc, comme chez un quadrupède. L'appui antérieur
évite la contraction des extenseurs du tronc et l'apparition
d'une surpression discale (21). Lors de la montée, les
contraintes se modifient : le cycliste tire sur le guidon, comme
s'il soulevait une charge éloignée de l'axe de son
corps et les extenseurs du rachis sont soumis à un effort
considérable, du fait de la longueur du bras de levier
rachidien. Cette contraction est à l'origine d'une surpression
discale importante. De plus, les extenseurs de hanches entrent
en action et entraînent, comme nous l'avons vu, une rétroversion
puissante, qui accentue encore la cyphose lombaire. Le bâillement
discal postérieur est alors excessif et la douleur peut
apparaître. La montée en danseuse est encore un cas
particulier. Elle réduit au maximum le bras de levier rachidien
lors de la montée. Elle permet donc d'utiliser pleinement
la traction sur le guidon sans éprouver les extenseurs
du dos et permet également de rajouter le poids du corps
à la pression exercée sur la pédale. En revanche,
elle a pour effet pervers de reverticaliser le rachis lombaire
et d'entraîner à cet étage des inflexions
latérales dangereuses pour les disques. En effet, le poids
du corps se porte alternativement sur l'une puis sur l'autre pédale,
déséquilibrant un système de force, dont
la résultante passe par le disque L5-S1 (22). Une autre
source de sollicitations latérales néfastes pour
le disque est l'inégalité de longueur non corrigée
des membres inférieurs (12). On voit donc à la lumière
de ces notions de biomécanique que la pratique de la bicyclette
peut avoir des effets variables sur le rachis lombaire selon le
type d'effort effectué depuis la position économique
du rouleur de plat aux contraintes excessives du champion, en
"danseuse " sur son vélo lors de la montée
d'un col.
3.1.2. Rachis cervical et dorsal.
Une bonne position sur le vélo n'accentue que faiblement
la cyphose dorsale(18). L'amarrage bas des muscles postérieurs
du cou favorise néanmoins les contraintes musculaires.
En fait, ce sont surtout, les microtraumatismes répétés,
surtout chez les adeptes du V.T.T. (vélo tout terrain),
qui peuvent accentuer des lésions préexistantes,
notamment chez le sujet jeune porteur d'une dystrophie de croissance.
Au rachis cervical, le contrôle visuel des déplacements
sur la route nécessite une contraction permanente des muscles
cervicaux postérieurs pour maintenir la tête redressée.
Or le rachis cervical est très mobile et supporte le poids
de la tête soit 1/8e du poids du corps.
3.2. Manifestations pathologiques.
3.2.1. Rachis lombaire.
La pathologie lombosacrée du cycliste, lumbago, lombalgie
chronique, sciatique est relativement fréquente et découle
de la biomécanique déjà vue. Nous ne reviendrons
pas sur la description de ces différents symptômes
bien connus de tous et qui ne comporte pas d'originalité
particulière. En revanche, certains points méritent
d'être soulignés. On peut par exemple s'étonner
d'observer à l'examen clinique chez certains coureurs un
signe de Lasègue à 60 ou 70° alors que la pratique
du vélo est encore possible, parfois même en compétition
et que la position pédale basse entraîne une flexion
de hanche supérieure à 80°. C'est ignorer la
règle de la hauteur de la selle qui veut que la distance
axe du pédalier-selle soit égale à la hauteur
de l'entrejambe multipliée par 0,85 et donc que la jambe
ait toujours une flexion minimale de 20 à 30° sur la
cuisse(12). L'examen clinique du cycliste lombalgique doit donc
toujours comporter un temps d'examen sur le vélo et la
vérification par un technicien compétent des différents
paramètres qui définissent le couple " homme-machine
". En effet, la lombalgie est souvent favorisée par
un cadre trop court ou trop long, une hauteur de selle mal réglée,
ou encore à des pédales faussées ou des manivelles
inadaptées, les réglages devant se faire à
quelques millimètres près. En revanche, la forme
du guidon (plat ou course) ne semble pas intervenir dans la génèse
des lombalgies pourvu que la hauteur du guidon soit correcte.
La visite médicale d'aptitude (19), étape incontournable
avant la pratique du vélo en compétition, permet
en pratique de distinguer deux groupes de postulants à
la pratique de la bicyclette: ceux qui n'ont pas d'antécédent
lombaire et ceux qui en ont déjà souffert. Aux premiers
il convient de souligner le risque discal, qui apparaît
lors de la traction excessive sur le guidon en position assise,
notamment en cas de cyphose exagérée et qu'il faut
réduire par une mise en " danseuse ", malgré
les inconvénients déjà vus, propres à
cette position. Les inégalités éventuelles
des membres inférieurs, souvent négligées
lorsqu'elles sont modérées et à juste titre
dans la lombalgie habituelle, doivent être au cours du sport
cycliste soigneusement corrigées. De plus, la musculature
abdominale devra être entretenue en parallèle de
l'activité cycliste. Pour ceux qui ont des antécédents
lombaires, il faudra au contraire souligner les effets néfastes
de la mise en danseuse et leur conseiller la pratique du cyclisme
en terrain plat ou peu vallonné. Pratiqué dans ces
conditions il n'est pas rare de constater une amélioration
de certaines lombalgies chroniques, surtout lorsqu'elles sont
en relation avec une arthrose apophysaire postérieure.
De même, les canaux rétrécis arthrosiques
sont souvent améliorés par une bonne pratique du
cyclisme. 3.2.2. Rachis cervical et dorsal.
Les douleurs de la nuque, des trapèzes et autres muscles
de la base du cou et des épaules, sont banales et de nombre
réduit. Les réglages de la machine sont, là
encore, d'une grande importance. Les cervicalgies, mais aussi
la plupart des dorsalgies, sont dues à une potence trop
longue qui va obliger la cycliste à se coucher sur sa machine
et à mettre son rachis cervical en hyperextension pour
regarder la route devant lui. Chez l'adolescent, le cyclisme,
et notamment la pratique du V.T.T., par la flexion permanente
qu'il impose et les micro-traumatismes transmis, semble constituer
un facteur aggravant de la maladie de Scheuermann qui, comme la
scoliose évolutive, constitue une contre-indication à
la pratique de la bicyclette, du moins en tant que sport habituel.
Les courbatures des muscles paravertébraux sont assez banales
en fin de course ou dans les heures qui suivent une sortie. Elles
disparaissent en règle générale en 24 à
48 heures.
4. La sciatique du cycliste,
syndrome du pyramidal du bassin.
4.1. Rappel anatomique.
Le muscle pyramidal du bassin ou piriformis (5) a pour origine
la face antérieure du sacrum, le bord de la grande échancrure
sciatique et la face externe du grand ligament sacro-sciatique.
Il se termine au bord supérieur du grand trochanter (Fig.
5). Recouvert par le muscle grand fessier (gluteus maximus), il
se trouve à la face profonde de la fesse, au dessus du
jumeau supérieur (gemellus major) avec lequel il délimite
le canal sous pyramidal qui contient les nerfs et vaisseaux honteux
internes, et surtout le nerf sciatique. A côté de
cette description classique il existe des variations anatomiques
(anomalies de la division du nerf sciatique ou passage d'une branche
nerveuse à travers le muscle pyramidal) qui peuvent être
une des causes possible de ce syndrome. Le muscle pyramidal est
rotateur externe de hanche lorsque celle-ci est en extension et
devient abducteur lorsque la hanche est en flexion.
4.2. Symptomatologie.
Le syndrome du pyramidal se présente chez le cycliste (15)
comme une douleur fessière localisée, profonde,
irradiant à la face postérieure de la cuisse et
survenant lors d'une sortie prolongée ou à l'occasion
d'une compétition. La douleur oblige parfois à l'arrêt
du sport en raison de sa ténacité. Elle peut s'accompagner
de paresthésies à la face postérieure de
la cuisse. Bien entendu, elle pose d'abord le problème
de son origine discovertébrale. Cependant, un certain nombre
d'éléments anamnestiques vont permettre de penser
au syndrome du pyramidal du bassin : absence de lombalgie associée,
douleur accentuée ou déclenchée par la position
assise prolongée sur le vélo et volontiers aggravée
par le décubitus. L'examen clinique constate l'absence
de tout signe rachidien et de signe de Lasègue. L'examen
neurologique est normal. L'inspection peut retrouver néanmoins
dans les formes traînantes une amyotrophie du grand fessier
(gluteus maximus). La palpation de la fesse trouve parfois une
contracture douloureuse, profonde para-sacrée. Un signe
de Tinel à la percussion du nerf est rarement positif mais
doit être recherché, à 3 cm sous la ligne
tracée entre l'épine iliaque postéro-supérieure
et le grand trochanter. Le diagnostic positif est en fait étayé
par trois manoeuvres réputées spécifiques
(10) mettant le membre inférieur en rotation interne, rétrécissant
ainsi le canal sous pyramidal. La manoeuvre de Freiberg déclenche
la douleur en mettant en tension le pyramidal (adduction et rotation
interne du membre inférieur en extension). La manoeuvre
de Pace et Nagle reproduit la douleur par la contraction résistée
du muscle (abduction contrariée en position assise). La
manoeuvre de Beatty provoque la douleur en plaçant le membre
inférieur en abduction et rotation externe, le patient
étant en décubitus latéral du côté
sain, genou fléchi reposant sur la table. Les examens d'imagerie
sont fondamentaux car ils permettent d'éliminer une cause
vertébrale à la douleur. Certaines observations
ont pu mettre en évidence une hypertrophie du muscle à
l'I.R.M. et au scanner, par rapport au côté opposé(10).
L'électromyogramme permet parfois d'affirmer la souffrance
du nerf sciatique et de différencier atteinte tronculaire
et radiculaire. De plus, l'étude électrologique
des muscles innervés par les nerfs fessiers supérieur
et inférieur permet une approche topographique du niveau
de la compression. Cette étude est encore sensibilisée
par des enregistrements positionnels (manoeuvre de Freiberg).
Le diagnostic de syndrome du pyramidal reste néanmoins
un diagnostic clinique et d'élimination des pathologies
avoisinantes
.
4.3. Etiopathogénie.
Trois grands types de cause sont habituellement évoquées
pour expliquer le syndrome du pyramidal (10).
4.3.1. Les modifications du muscle piriformis.
L'hypertrophie du piriformis est la cause la plus fréquente
en pathologie sportive et plus particulièrement au cours
du cyclisme. Le pied fixé sur la pédale, bassin
en mouvement, tel que le réalise la position en danseuse,
le pyramidal entraîne une rotation de tout le corps autour
du fémur. De plus, à chaque appui sur les pédales
le muscle intervient dans l'extension de la cuisse. Un surutilisation
de ce petit muscle peut entraîner son hypertrophie. Les
microtraumatismes répétés par la selle de
la bicyclette constitue en fait la cause majeure. L'appui sur
la selle, penchée en avant, les mains en bas du cintre,
entraîne une compression chronique du muscle et de son paquet
vasculo-nerveux. Il s'en suit une souffrance locale du muscle
et souvent une compression vraie -tronculaire- du nerf sciatique.
4.3.2. Les malformations anatomiques.
Les anomalies de division du nerf sciatique ou la traversée
anormale du muscle piriformis par les troncs nerveux peuvent constituer
des facteurs favorisant de la souffrance locale. Ces anomalies
, sans être fréquentes, se retrouvent tout de même
chez près de 15à 20% des sujets. Les travaux anatomiques
de Beaton et Aanson (1) et Pecina (17) montrent que la disposition
normale n'existe que dans , respectivement 84,2% et 78,46%.
4.3.3 Les causes morphostatiques et autres
causes indirectes
L'inégalité des membres inférieurs encore
accentuée par le pédalage entraîne un étirement
du muscle avec une contraction réflexe lorsque le bassin
s'incline sur le côté le plus court. L'hyperlordose
et le flexum de hanche entraîne également une augmentation
de la tension du piriformis. Certaines lésions de la sacro-iliaque
et des modifications de l'anatomie locale du bassin peuvent entraîner
également des anomalies du piriformis.
La correction
de certaines erreurs techniques peut corriger un surmenage du
pyramidal : position trop à l'avant ou trop à l'arrière
à modifier, grands braquets à éviter et bien
sûr adapter parfaitement le sportif à sa machine.
Le manque d'entraînement ou le surentraînement provoquent
l'un et l'autre de mauvaises positions sur la selle (14) (tendance
à se mettre en " bec " de selle pour améliorer
l'efficacité des ischiojambiers).
5. La pathologie tendineuse
du genou.
Les tendinopathies du genou sont fréquentes chez le cycliste.
5.1. Les tendinites de la " patte
d'oie ".
Ce sont les plus fréquemment rencontrées (9). La
" patte d'oie " [6] est la terminaison en éventail
sur la face interne du genou des tendons du couturier (sartorius),
du droit interne (gracilis) et du demi-tendineux (semi-tendinosus).
Ces tendons se disposent en un plan superficiel formé par
le tendon du couturier, séparé par une bourse séreuse
du plan profond réunissant le demi-tendineux et le droit
interne. Le plan profond est séparé du ligament
latéral interne par une bourse séreuse communiquant
avec la bourse superficielle, et dont la limite supérieure
affleure une horizontale passant par la tubérosité
antérieure du tibia. Ils sont fléchisseurs et rotateurs
internes du tibia sous le fémur ; ils assurent la stabilité
en rotation de la jambe fléchie.
La douleur siège sur la face interne du genou à
deux travers de doigt au dessous de l'interligne, en arrière
de la tubérosité tibiale antérieure. Il existe
parfois une irradiation à la jambe. La douleur persiste
souvent au repos, mais elle est aggravée par la marche
et la descente des escaliers, et bien sûr par le pédalage.
A l'examen, on palpe un point douloureux précis situé
nettement au dessous de l'interligne articulaire. La flexion contrariée
et la rotation externe reproduisent la douleur. Il est parfois
possible de palper des nodosités tendineuses. Une tuméfaction
avec hyperthermie cutanée, placard érythémateux,
traduit une bursite [6] qui peut parfois être ponctionnée.
Les radiographies sont généralement normales.
Le traitement comporte, outre les moyens habituels non spécifiques,
la recherche d'un trouble de la rotation tibiale : vérification
de la position des cales ou de la pédale automatique et
recherche d'un axe de pédale faussé
5.2.
Les tendinites de l'appareil extenseur [11]
Elles touchent le tendon rotulien, le tendon quadricipital, les
ailerons rotuliens. Une rupture du tendon quadricipital peut s'observer
chez le cycliste de haute compétition.
La survenue des ces tendinopathies de l'appareil extenseur doit
faire rechercher :
¥ un effort anormal : braquet trop grand, pédalage
en danseuse excessif, sprints trop intenses ou trop fréquents,
parcours sur chaussée dégradée.
¥ un défaut technique générateur d'une
hyperflexion du genou: manivelles trop longues, selle trop basse,
cadre trop ramassé, selle pointée vers le bas, position
trop avancée sur la selle.
5.3. Les tendinopathies de la face externe
du genou.
Elles ont en commun d'être souvent provoquées chez
le cycliste par une rotation interne excessive du tibia. Il convient
alors de vérifier, outre le matériel (cales, pédales)
la liberté de la mobilité de la cheville. En effet
un pédalage souple nécessite une flexion dorsale
de la cheville d'au moins 15°; les enraidissement de la cheville,
obligent le cycliste à effectuer une hyperpronation pour
franchir le point mort supérieur ce qui entraîne
une hyper-rotation interne du tibia.
Dans la tendinite du biceps, la douleur siège à
la tête du péroné [20] avec parfois un épanchement
de la bourse séreuse qui lui est annexée. Le traitement
comporte les corrections techniques et un traitement non spécifique:
repos initial de 15 à 30 jours, physiothérapie,
anti-inflammatoires non stéroïdiens, infiltrations
locales.
Le syndrome de balayage du fascialata contre la face externe du
condyle s'observe beaucoup moins fréquemment chez le cycliste
que chez le coureur à pied.
5.4. Les tendinopathies de la face postérieure
du genou.
La douleur d'insertion des jumeaux siège à la partie
supérieure du creux poplité. La lésion du
plantaire grêle qui peut aller jusqu'à la rupture
(avec apparition d'un hématome) peut être confondue
avec celle des jumeaux.
6. Pathologie articulaire du
genou
La " patelle cornue " du cycliste [3] est une réaction
ostéophytique par hyperutilisation, bien visible sur le
cliché de profil. Elle peut rester totalement asymptomatique,
et l'on ne doit pas rattacher abusivement une gonalgie à
ces images parfois exubérantes. Les syndromes rotuliens
sont fréquents chez les cyclistes, surtout en fin de carrière.
Ils justifient la recherche d'une dysplasie. Ils sont rebelles
et leur traitement difficile. La pathologie de la plica synoviale
interne ne semble pas fréquente dans le cyclisme.
8.
L'endofibrose iliaque externe [12].
Il s'agit d'une claudication vasculaire d'effort qui touche électivement
le cycliste de haute compétition, qui a commencé
tôt ce sport et qui a parcouru plus de 50000 kms dans sa
carrière. Il n'est donc pas question d'envisager ce diagnostic
chez un cycliste de loisir. Cette pathologie est liée à
un allongement, à un coudage et à un rétrécissement
du calibre de l'artère iliaque externe dans son trajet
dans le bassin. Les tractions sur cette artère mobile,
par les coups de pédale seraient à l'origine de
sa déformation. Lors d'efforts intenses, il se produit
une hypoxie des muscles du membres inférieurs.L'affection
touche les coureurs de 20 à 29 ans ; la symptomatologie
comporte :
¥ une douleur du membre inférieur prenant son origine
dans la cuisse ; cette douleur s'accompagne d'une sensation de
paralysie, de " jambe qui ne répond plus ".
¥ une sensation de grosse cuisse ; cette sensation de cuissard
trop serré est bien connue des cyclistes, mais dans l'endofibrose
elle revêt un caractère très particulier car
elle survient toujours dans un effort maximal: sprint, montée
violente, attaque, course contre la montre et elle oblige a interrompre
cet effort.
L'examen clinique est normal; la prise des pouls aux membres inférieurs
est normale; il est exceptionnel de percevoir un souffle sur le
trajet de l'artère.
La plupart des examens complémentaires n'apportent que
des éléments négatifs: radiographie, scanner,
phlébographie, electromyogramme. L'artériographie
est souvent normale. L'échographie peut montrer un épaississement
de la paroi artérielle. Le Doppler artériel n'est
perturbé au repos qu'en cas d'oblitération complète
de l'artère ce qui n'est pas habituellement le cas. En
fait le diagnostic ne peut être établi que par un
test d'effort sur bicyclette avec prise de tension aux bras et
aux chevilles avant et après un effort reproduisant la
douleur. L'effondrement de la tension à la cheville du
coté atteint signe le diagnostic.
Le traitement de l'endofibrose iliaque externe est uniquement
chirurgical. Il nécessite donc un diagnostic précis
qui, bien entendu est affaire de spécialistes habitués
à cette pathologie rare et apanage des champions.
9. Pathologie de la selle.
9.1. La compression du nerf honteux interne.
La compression du nerf honteux interne entre la selle et la face
interne de l'ischion est une complication neurologique classique
des longs trajets à vélo. Souvent favorisée
par le froid elle survient le plus souvent lors de la position
en " bec de selle ". Elle entraîne un certain
degré d'insensibilité de la verge, plus rarement
des fuites urinaires. Elle cède facilement aux changement
de position et à la modification de l'inclinaison de la
selle.
9.2. Le " troisième testicule
" du cycliste
Les microtraumatismes répétés pendant des
jours et des jours de course entre le bec de la selle et le périnée,
notamment chez les coureurs des 6 jours, favorisent parfois l'apparition
d'un kyste fibreux liquidien du périnée, dont l'aspect
rappelle un hygroma et qui, rarement il est vrai, peut prendre
une certaine grosseur et évoquer " un troisième
testicule ".
9.3. La bursite ischiatique.
Le poids du corps du cycliste repose sur ses ischions qui s'appuient
sur chaque cotés de la selle. Celle-ci doit être
adaptée à la largeur du bassin du coureur ; en particulier,
les femmes , dont le bassin est plus large utilisent en course
des selles plus larges. Le contact prolongé des tubérosités
sur la selle, peut provoquer l'inflammation d'une bourse séreuse
qui est située entre la tubérosité et les
muscles fessiers. La douleur est souvent localisée mais
elle peut s'accompagner d'irradiations à la face postérieure
de la cuisse et de dysesthésies. Le traitement comporte
le repos, les anti-inflammatoires, les infiltrations et une tentative
de modification de la selle et de la position .
CCONCLUSIONONCLUSION
La pathologie que nous avons abordée
concerne essentiellement le pratiquant de bon niveau. En loisir,
la pratique occasionnelle du cyclisme est rarement à l'origine
de manifestations pathologiques. Elle doit néanmoins être
déconseillée aux sujets porteurs de cervicalgies
invalidantes, d'arthropathies des mains ou des poignets, ainsi
que d'un syndrome fémoropatellaire. En revanche, l'arthrose
interapophysaire postérieure, la coxarthrose, peuvent bénéficier
de la pratique du cyclisme.
Quoiqu'il en soit, il convient toujours de conseiller l'utilisation
d'un matériel bien réglé, et adapté
à l'anatomie du sujet.
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