Stretching Global Actif Technique nouvelle en France issue de la Rééducation Posturale Globale; l'étirement n'est plus analytique mais global.
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Cyclisme
Extraits du livre:
"Le strecthing global actif au service du geste sportif"
de Norbert GRAU.

QU'APPORTENT LES ETIREMENTS EN CYCLISME ?

Les étirements actuels analytiques que vous pratiquez, que la plus part des sportifs utilisent, ont aucune efficacité à long terme. Alors, je les pratique peu souvent ou je n'en fais pas !
Résultat: ma raideur gagne du terrain, je perds peu à peu ma bonne position, j'ai des douleurs surtout dans les longues descentes et parfois mes sorties longues deviennent un calvaire .
Ce site vous permet d'avoir une information sur les possibilités de découvrir une nouvelle technique, difficile peut-être mais logique et performante !
Au départ, seuls les kinésithérapeutes pouvaient recevoir une formation pour utiliser la technique SGA, aujourd'hui une nouvelle politique est en place et cette formation est ouverte aux entraîneurs, professeurs d'EPS, moniteurs, à toutes personnes désirant encadrer des cours de stretching "nouvelle version"
. Dans certains sports très médiatiques, les kinés qui encadrent ces équipes ont déjà suivis cette formation.
POURQUOI PAS VOUS ?

Un stage de trois jours est proposé, il vous donnera les bases nécessaires pour encadrer des sportifs ou des groupes de stretching pour "monsieur tout le monde "

A vélo, la clef de la réussite passe par une bonne position. Certains coureurs ont une mauvaise position sur leur vélo, faute d’avoir une souplesse corporelle, nécessaire à la recherche de la position la plus aérodynamique.
Quand je regarde un groupe de cyclistes défilés devant moi, je remarque que chacun d’eux a une silhouette différente, chacun a une position bien particulière. Chacun espère une position le plus aérodynamique possible, la plus relâchée, la plus économique tout en étant la plus efficace, pour cela chacun utilise au mieux sa souplesse globale pour avoir accès au positionnement le plus rentable et le moins traumatisant, mes dés l’instant où une partie de son corps est trop raide, il faut alors renoncer à cette position idéale et perdre un peu de son efficacité ou compenser par un déséquilibre dans une autre partie du corps, ce qui entraînera alors une diminution de la performance à long terme.
Nous avons deux possibilités d’augmenter notre potentiel physique par l’utilisation des étirements, l’assouplissement des muscles gênant le bon déroulement du pédalage et les muscles ne permettant pas un bon positionnement sur le vélo.

LE PEDALAGE


Si le but de l'entraînement est d'acquérir la plus grande force possible de pédalage, il y a une notion souvent oubliée par les cyclistes : la vélocité. C'est l'art de pédaler vite et puissamment, c'est une qualité qui se travaille jeune mais qui se perd avec la diminution de la souplesse des muscles.

Lors du cycle de pédalage, plusieurs actions musculaires, parfois antagonistes, doivent se succéder. La coordination des muscles de chaque articulation devient alors un élément très important dans la recherche de la performance... Un bon rendement entre muscles agonistes et antagonistes, permet une meilleure vitesse et une épargne musculaire qui peut faire la différence dans les derniers kilomètres.


Biomécanique SGA du pédalage
La biomécanique correspond aux déplacements des segments osseux par les muscles autour des articulations.
Ici, nous nous adressons au cyclisme de type sportif ou de compétition, utilisant un matériel moderne ; c'est à dire avec des pédales de compétition avec un système d'attache automatique(ce qui rend le pied solidaire de la pédale).
Avant de rentrer plus profondément dans chaque articulation, on distingue actuellement quatre phases dans le pédalage moderne :
une phase de poussée supérieure vers l'avant qui se poursuit vers le bas, qui se continue par un tirage du pied en arrière qui est souvent considéré comme un temps "mort" et une remontée de ce même pied vers le haut.
Les deux gros temps forts se trouvent dans la poussée du haut vers le bas et dans la remontée arrière.


Lorsque le cycliste applique une force sur la pédale, seule la composante tangentielle à la trajectoire de la pédale est rentable. Les autres composantes sont perdues.
La phase de poussée est très rentable sur le plan mécanique. C'est au niveau des phases de transition et des phases de tirage que le "gaspillage" est le plus important.

Lors du symposium " cyclisme et performance " à Toulouse, une recherche sur la détermination par l'IRM et l'EMG des muscles impliqués dans le pédalage chez des cyclistes professionnels, a été entreprise.
Les auteurs rapportent qu'il existe une importante variabilité interindividuelle dans le recrutement des différents muscles impliqués dans le pédalage chez une population de cyclistes professionnels homogène en terme de puissance maximum aérobie.
En conclusion de ce long travail, chacun de nous, utilisons nos muscles selon nos possibilités ! Le corps a géré ce problème avec les moyens dont il dispose .

En SGA, notre recherche s'oriente d'abord sur les muscles effectuant le mouvement, en sachant que chaque cycliste va utiliser ses muscles de façon différente.
1°-Il nous faut étudier les muscles utilisés pour le pédalage: les étirer
2°-Chercher les muscles ou chaînes antagonistes qui freinent ou génent l'efficacité du pédalage: les étirer !
En SGA nous étirons que des chaînes musculaires ! Un mouvement utilise toujours une chaîne de muscles, donc il serait illogique d'étirer qu'un muscle à la fois.

Etudions la biomécanique des muscles de ce geste :
1° Le membre étudié est dans sa phase de poussée (la plus rentable ) C'est d'abord le quadriceps qui entre en jeu par sa contraction, il est épaulé par les fessiers ( surtout le grand fessier ) et le triceps. qui vient aider le quadriceps dans son extension.Le droit antérieur est un muscle de la statique et perticipe peu à ce mouvement. Il ne faut pas oublier le poids du membre inférieur qui s'ajoute à la force musculaire pour faire descendre la pédale.Ce même poidsde l'autre membre vient freiner le mouvement. Ce poids doit être utilisé pour la poussée, ce qui nécessite une bonne coordination. Durant la phase de poussée, le bassin doit être fixé par les stabilisateurs du bassin (abdominaux, carrés des lombes). Sans leur action puissante nous serions soumis à une surélévation de l'hémi bassin.


C'est une phase d'extension pour la hanche, le genou et la cheville.

ooooooooooooo

2° On arrive dans la phase de tiré arrière plus ou moins horizontale du pied, il y a la fin de l'extension de la hanche donc une continuité de l'action des fessiers et une prise de relais du couple ischios-triceps (surtout par les jumeaux ) Cette force devient de moins en moins puissante, on arrive à un certain point mort.

La cheville est en flexion plantaire de quelques degrés. Cette phase doit s'enchaîner de la façon la plus souple. Là encore , l'utilisation du pied est très constrastée, selon la souplesse de base.


ooooooooooooooooooooo


3° On arrive à la phase de tiré vers le haut. Cettte action se déroule grâce à la contraction, des ischios ( qui vont fléchir le genou ) et des psoas ( qui vont prendre le relais en fléchissant la hanche)
Au niveau de la cheville, les extenseurs de pied vont contribué au tirage vers le haut de la pédale. C'est la phase la moins instinctive du pédalage.C'est une phase de relâchement et de récupération pour le quadriceps et le triceps. L'appui sur la selle constitue le point fixe du mouvement.

ooooooo ooooooooooooooo

4°On est alors à la phase de poussée vers l'avant, on commence à utiliser le quadriceps.

Le cycle de pédalage permet, pour chaque groupe musculaire, l'alternance de phases d'activité et de récupération. Plus le cycliste sera coordonné et relâché, plus il pourra bénéficier de ces phases de récupération.


En résumer: Proposition de répartition des taches des muscle dans le pédalage.

oooooooo

AU NIVEAU DE LA HANCHE ..................................AU NIVEAU DU GENOU


AU NIVEAU DE LA CHEVILLE

Pédalage et bassin

L'efficacité du pédalage passe aussi par une bonne stabilité du bassin, et si vous avancez les fesses sur la selle, vous devez compenser par le redressement du tronc et de la tête avec un dos creux ou au contraire faire un dos rond.
Dans ce cas, vous aurez une position aérodynamique plus pénalisante.

Le pédalage les fesses bien en arrière sur la selle est plus rentable que le pédalage avec vos fesses avancées.
Avec les mêmes angulations au niveau du genou, le pédaleur en vert aura une plus grande phase de poussée de A vers C que le pédaleur en rouge de B vers C
La poussée est plus productive surtout dans les premiers degrés or c'est justement au début que le pédaleur rouge perd cette énergie précieuse qu'il ne pourra pas rattraper par la phase de tirage arrière. Cette poussée stabilise le bassin, alors que le tirage ( de C à A ) fait glisser le coureur sur sa selle.
La possibilité de pédaler le plus en arrière possible sur sa selle dépend de la souplesse de son bassin.

Le déhanchement du coureur pendant le pédalage est souvent du à une selle mal réglée, mais aussi à une raideur des muscles des chevilles.
---Un pied trop en avant donne de la puissance au coup de pédale au début mais cette musculation entraîne une raideur secondaire et une perte d'efficacité à long terme.
---Un pied trop en arrière permet beaucoup de souplesse dans le geste mais perd de sa puissance.

Si le corps doit se plier aux exigences du cyclisme, autant régulariser soi même les possibilités d'adaptation à la machine.


INFLUENCE DE LA CADENCEDE PÉDALAGE
Quelle est la cadence la plus rentable :
de gros développements à vitesse lente ou de petits développements à vitesse élevée ?

J'ai bien aimé la conclusion du docteur P Audry
LE CYCLE DE PEDALAGE article du Dr Pascal Audry dans le site: cycling-avenue.ch
Dans une série de publications, Neptune et Coll. ont montré que sur les parcours plats, le rendement le plus important se situe entre 90 et 110tours/min. La plupart des records de l'heure ont été établis à des cadences de pédalage supérieures à 100 tours/min.
Pour des cadences plus basses, les durées de contractions sont prolongées, les phases de repos sont moins fréquentes, conduisant à une fatigue musculaire plus rapide.
Pour des cadences plus élevées, les différentes étapes du cycle de pédalage se télescopent et on voit apparaître certaines contractions musculaires parasites qui s'opposent au mouvement. La cadence de pédalage est influencée par le relief. Sur le plat ou en descente, la vitesse de déplacement est plus élevée, l'inertie en rotation des roues est donc importante, ce qui auto entretient la cadence de pédalage. Il est facile de garder une cadence de pédalage élevée. Dans les côtes où les contraintes musculaires sont plus importantes, il est bien plus difficile de rester coordonné. Les vitesses sont réduites et l'inertie des roues devient négligeable. La cadence de pédalage diminue naturellement à 70-80tours/min. Il est probable que l'entraînement joue un grand rôle dans la maîtrise des cadences élevées. Les succès de Lance Amstrong par exemple semblent dus en partie à une coordination parfaite et une maîtrise du pédalage à des cadences élevées, y compris en montagne.

CONCLUSION
La biomécanique du pédalage est à l'image du vélo : simple au premier abord, mais subtile et passionnante.
L'étirement est un outil important pour améliorer ce geste.

LE POSITIONNEMENT

Les freins qui s'opposent au cycliste:
- la résistance de l'air et la traînée aérodynamique sur le corps du cycliste (65% à 40 km/h)
- la résistance de l'air et la traînée sur le cadre et les roues (31 %)
- les résistances au roulement (4 %) dues aux frottements et aux frictions des différents axes et parties roulantes du vélo.

La résistance de l'air chez ce cycliste lui demande une puissance de 131,5 watts pour un travail donné.

La résistance de l'air chez ce cycliste lui demande une puissance de 107,7 watts pour le même travail donné.

La résistance de l'air chez ce cycliste lui demande une puissance de 88,7 watts pour le même travail donné.


A partir de ma position:
Est-ce que cette position me permet un bon rendement aérodynamique ? On sait, grâce aux recherches en aérodynamique que la position la plus économique se situe le buste le plus horizontal possible, mais cette position dépend beaucoup de la souplesse du coureur.

Qu’est-ce qui m’empêche d’obtenir cette position ?

---LA CHAINE POSTERIEURE est souvent rétractée et nous utilisons énormemment la posture à orientation "Pelvis" C'est une posture indispensable pour le cycliste qui en plus peut se faire seule en respectant les bases du SGA


Je vais donc rechercher ma position idéale !!!

en prenant soin de ne négliger aucun paramètre à ma disposition ( dimensions du cadre, du cintre, de la selle…).

A partir de cette position:
   Est-ce que cette position me permet un bon rendement aérodynamique ? On sait, grâce aux recherches en aérodynamique que la position la plus économique se situe le buste le plus horizontal possible, mais cette position dépend beaucoup de la souplesse du coureur.
Qu’est-ce qui m’empêche d’obtenir cette position ?

le SGA et la position idéale du cycliste- Position idéale ?

Sur cette photo, le coureur se rapproche de la position la plus efficace :
  -- il est bien en arrière sur sa selle
  -- il a une très bonne souplesse de l’angle tronc cuisse, ce qui lui permet d’avoir son buste le plus à l’horizontal possible sans compensation
On a :
efficacité du pédalage+ position aérodynamique bonne + sans compensation


- Des positions intermédiaires :


Si on étudie les muscles qui freinent cette souplesse, on se rend compte que l’on se trouve devant une chaîne musculaire et non un muscle précis. Là encore, on retrouve le travail sur la chaîne postérieure ; ce manque de souplesse peut entraîner :


 le SGA et la position idéale du cycliste---- soit un dos rond avec une augmentation de la pénétration dans l’air
Pour ce coureur, tout est raide
  -- l’angle tronc-cuisse est très ouvert
  -- la colonne est trop raide pour permettre des compensations pour un buste horizontal
On a :
efficacité du pédalage diminué par la raideur des muscles des hanches+ aucune possibilité d’un positionnement aérodynamique




le SGA et la position idéale du cycliste

 ---- soit une position de selle très avancée
avec une perte d’efficacité du pédalage
Cette position masque la raideur de l’angle tronc-cuisse et le coureur compense ce déficit en avançant sur la selle
On a : efficacité du pédalage diminué à long terme+ position aérodynamique correcte

 




---- Des intermédiaires
:le SGA et la position idéale du cycliste
A coté de ces positions extrêmes, le corps va utiliser des tricheries plus locales ou personnalisées.
Sur cette photo, l’angle tronc-cuisse et les vertèbres lombaires basses sont raides compensés par une bonne souplesse du reste de la colonne
Dans le cas de cette triathlète, c’est la zone « dite de compensation lombaire haute et dorsale basse » en jaune sur la photo qui récupère toutes les raideurs de la position, mais pendant combien de temps ?





le SGA et la position idéale du cycliste Chez ce coureur, il y a trois grosses zones de raideur, mais la position horizontale est quand même obtenue grâce à une accentuation des zones intermédiaires A et B, ce qui occasionne des souffrances possible à court terme et surtout à long terme.

La musculation due à la répétition du geste sur des années entraîne une rétraction des muscles utilisés aussi la position idéale, celle qui associe l’efficacité et le bien être, sera de plus en plus difficile à avoir. Chaque coureur aura ses propres compensations qui entraîneront ses propres défauts et malheureusement le temps ne jouera pas en sa faveur.

 

Les étirements, dont le but est le gain de longueur, apportent deux réponses interressantes dans la recherche de la performance en cyclisme.

Il serait vraiment dommage de ne pas consacrer une heure par semaine.

Maintenant je vous invite à retourner au chapitre "fondements de la méthode" car sans des bases sérieuses et testées depuis des années avec la rééducation posturale globale, le gain ne sera pas à la hauteur de vos espoirs.

 

 

QUELQUES PATHOLOGIES LIEES A LA PRATIQUE DU CYCLISME

La pathologie rhumatismale chez le cycliste
A. HADDAD*, Th. BOYER**, J.M. FUSTER**

*Service de rhumatologie, hôpital Lariboisière, 2, rue Ambroise Paré, 75010 Paris.
*Service de rhumatologie, hôpital Bichat, 46 rue Henri Huchard, 75018 Paris.
INTRODUCTION
La prise en charge des pratiquants du cyclisme ne peut s'envisager correctement que si la praticien connaît bien le matériel utilisé et la technologie de ce sport . Un grand nombre de lésions , tendineuses en particulier, sont en effet directement liées à un défaut technique ou à un mauvais réglage du vélo.
Nous envisagerons d'abord la technologie de la bicyclette et du pédalage, puis la pathologie rhumatismale chez le cycliste par topographie : pathologie thoracique, syndromes canalaires du poignet, rachis et syndrome du pyramidal d'une part, pathologie du genou, endofibrose iliaque externe, et pathologie de la selle d'autre part.
I-
Les pédales automatiques remplacent maintenant les cales et les cale-pieds (du moins pour le cycliste utilisant un matériel d'un certain niveau). L'avant de la chaussure est fixée à la pédale par une fixation comparable à une fixation de ski. Le pied se dégage de la fixation par un mouvement de rotation externe. Les premières fixations ne tenaient pas compte de la rotation automatique du tibia sous le fémur pendant le pédalage et entraînaient des douleurs du genou qui ont fait renoncer les premiers utilisateurs. Depuis, des fixations respectant cette rotation automatique par une liberté partielle du pied en rotation sont apparues. Dans ces conditions, l'immense majorité des cyclistes ont opté pour ces pédales automatiques. Cependant, certains inconditionnels et les cyclistes de loisir restent fidèles aux systèmes traditionnels.
II - Physiologie du pédalage.
Le pédalage comprend pour chacun des membres inférieurs deux temps principaux (16). Le premier, le plus efficace, est l'allongement du membre inférieur qui provoque l'abaissement de la pédale. Le second est la remontée de la pédale en arrière. Il peut s'agir d'un temps purement passif où l'effort est produit par le membre controlatéral mais, grâce à la fixation du pied à la pédale, il peut y avoir un mouvement actif de flexion du membre inférieur avec élévation de la pédale et abaissement de la pédale controlatérale de façon synergique avec le mouvement d'extension du membre inférieur opposé. Entre ces deux temps, il existe deux " points morts " haut et bas. Cependant les cales de chaussures permettent de rendre motrices même ces deux phases critiques: au point mort haut, l'extension du genou transmise par la cale postérieure pousse la pédale vers l'avant. Au point mort bas, l'extension de la cheville combinée à la flexion du genou transmise par la cale antérieure, tire la pédale vers l'arrière. Lors du mouvement de pédalage avec une hauteur de selle bien réglée et des manivelles adaptées, le genou passe de 15-20° de flexion pédale en bas à 110° pédale en haut. Nous savons (9) que le genou étant en extension complète, le tibia se place en rotation externe (17° en moyenne). Cette rotation externe s'annule progressivement dans les 15 premiers degrés pour Commandré (4). C'est la rotation automatique du tibia sous le fémur. Les contraintes de l'articulation fémoro-tibiale sont faibles et généralement inférieures au poids du corps (elles peuvent s'en rapprocher pendant une courte période lors des montées en " danseuse ", voire le dépasser quand le cycliste tire fortement sur son guidon). En revanche, il existe une sollicitation constante de la fémoropatellaire.
L'étude de la contraction des différents groupes musculaires lors du pédalage a été faite il y a près de 40 ans par Griffié et Monod (7). Bien qu'incomplète (pas d'étude des ischiojambiers; pas de précision quant à l'existence de cale-pieds ou de cale-chaussures) elle montre bien le chevauchement des phases de contraction des quadriceps droit et gauche. La contraction débute avant le point mort et se poursuit sur plus de la moitié d'un tour de pédalier. Un cas particulier est le pédalage en " danseuse ". Le cycliste n'est plus assis sur la selle. Le quadriceps effectue le travail d'extension du membre inférieur et transmet le poids du corps et l'effort de traction sur les membres supérieurs. Il s'agit en pratique d'efforts très violent mais de courte durée.
Pathologie rhumatismale
1.1. Le syndrome du grand pectoral.
Le syndrome du grand pectoral ( fig. 3) se traduit par une douleur thoracique en masse irradiant volontiers aux membres supérieurs. La douleur est décrite par le coureur comme un " serrement de la poitrine ". Elle ressemble à une douleur d'origine cardiaque mais un caractère sémiologique permet de la reconnaître: typiquement, elle n'apparaît que lorsque le sujet se met " en danseuse " et tend à disparaître lorsque le sujet se relâche et reprend sa position sur la selle. Cette douleur est interprétée comme la conséquence d'une contracture douloureuse des muscles pectoraux mis en traction lorsque le coureur quitte ses appuis fessiers. Néanmoins, Il est parfois difficile de trancher entre douleur coronarienne et douleur extra-cardiaque surtout quand on sait que les cyclistes de compétitions ont souvent des modifications électrocardiographiques liées à l'hypertrophie myocardique. Des explorations cardiaques spécialisées sont alors nécessaires.
1.2. Le surmenage du grand dentelé (serratus anterior).
Le grand dentelé ou serratus anterior (5) a ses origines les 8 ou 9 premières côtes et se termine sur l'omoplate, à la face antérieure de l'angle de l'omoplate et de son bord spinal (Fig.4). Il a pour rôle et particulièrement sa portion supérieure, de s'opposer au recul de l'omoplate lorsque l'on pousse en avant, bras tendus et bloqués horizontalement à la hauteur des épaules. La position du cycliste en antépulsion, appuyé bras tendus, provoque une sollicitation permanente du grand dentelé. Les contraintes mécaniques répétées sur les insertions musculotendineuses costales du muscle entraînent des douleurs souvent comparées à un " point de côté " thoracique. Les causes de survenue de ce syndrome sont variable. Il peut s'agir d'une erreur de position, le cycliste cherchant à compenser une douleur de selle ou des membres inférieurs en maintenant les mains en bas du cintre, bras tendus ou d'une erreur technique, guidon trop étroit avec bras collés au corps (la longueur du cintre doit correspondre au diamètre des épaules).
1.3. Les xiphodynies.
L'appendice xiphoïde reçoit en avant les insertions musculaires des grands droits de l'abdomen et du diaphragme en arrière. Les contractions réitérées de ces deux muscles peuvent entraîner une douleur exquise de l'appendice xiphoïde. Souvent la douleur n'apparaît qu'à partir d'un certain degré d'effort et limite l'exercice physique. Les cyclistes qui tirent violemment sur le guidon lors des démarrages et des ascensions et ceux qui pédalent en " danseuse ", les mains en bas du cintre, sont exposés à la xiphodynie.


2. Les syndromes canalaires du poignet
Dans l'ensemble, les compressions nerveuses au poignet sont rares chez le cycliste (12, 13). Néanmoins les adeptes de longs parcours se plaignent parfois de paresthésies des doigts voire de manifestations neurologiques plus importantes des mains. Le plus souvent, ce phénomène est dû à un étirement ou à une compression du nerf cubital. Plus rarement, le nerf médian est impliqué.
2.1. Physiopathologie.
La position générale du cycliste et surtout celle des mains et des bras, intervient efficacement pour limiter au maximum les microtraumatismes des épaules, du thorax et du dos provoqués par les inégalités du bitume. Les mains sont donc en première ligne pour recevoir ces microtraumatismes. Leur position sur le guidon les expose aux compressions nerveuses. Le nerf cubital passe au poignet dans la loge de Guyon ou il est physiologiquement à l'étroit. Mais, autant ou plus que sa compression directe, c'est son étirement, par l'hyperextension et l'inclinaison cubitale de la main sur l'apophyse unciforme de l'os crochu, qui est responsable de la lésion neurologique chez le rouleur (Fig.6). Plusieurs facteurs aggravants entrent en jeu: le manque d'entraînement du coureur (qui lui fait adopter une mauvaise position sur la route), l'utilisation d'un matériel inadapté qui retentit sur la prise du guidon (mauvais réglage de la selle par exemple), la forme du guidon (poignée défectueuse, guidon plat mal réglé, guidon de course réglé trop bas). La mauvaise qualité de la route est également un facteur aggravant fréquemment souligné. Le nerf médian est plus rarement en cause chez le cycliste. Seule une compression directe prolongée du poignet sur le cintre (Fig7) peut déclencher des manifestations pathologiques.
2.2. Symptomatologie.

2.2.1. Atteinte du nerf cubital.

L'atteinte est bilatérale dans plus de la moitié des cas et le plus souvent asymétrique (12). Elle prédomine alors sur la main dominante qui reste en permanence sur le guidon. L'apparition des signes déficitaires est le plus souvent progressive. Les troubles sensitifs des deux derniers doigts apparaissent d'abord sous forme de paresthésies ou d'élancements douloureux qui forcent le sujet à agiter la main, puis inconstamment, si la randonnée se prolonge, peut apparaître un déficit moteur qui alerte le coureur. Sur 35 cas publiés dans la littérature et regroupé par J.P. de Mondenard (12), 67% avait une atteinte motrice et sensitive, 12,5 % avaient une atteinte motrice pure touchant tous les intrinsèques, 8% avait une atteinte sensitive pure. L'électromyogramme permet de préciser le type de l'atteinte sensitive, motrice ou mixte et parfois même de mettre en évidence des atteintes dissociées (selon les branches de division du nerf cubital après la loge de Guyon, affectées par la compression). Le plus souvent l'atteinte neurologique est fugace disparaissant quelques heures après la descente du vélo. Néanmoins, en cas d'atteinte motrice persistante, la récupération peut prendre deux à trois mois après l'arrêt total de la bicyclette.

2.2.2. Atteinte du nerf médian.
Plus rare que l'atteinte cubitale, elle se manifeste après plusieurs heures de route en général. Les trois premiers doigts de la mains fourmillent et s'engourdissent avec des sensations parfois très désagréables de " coups d'électricité ". Les symptômes s'apaisent lorsque le coureur remue la main ou change de position sur le guidon. Il n'y a jamais de signe déficitaire permanent et les symptômes disparaissent dans les quelques heures qui suivent la course. En l'absence de traitement la récidive est fréquente dès qu'il remonte en selle. La survenue du syndrome en dehors de la course doit faire suspecter une compression latente décompensée par le vélo.


3.1. Biomécanique.
3.1.1. Rachis lombaire
Le corps du cycliste positionné sur le vélo comporte trois unités fonctionnelles (9) : en avant l'unité directrice correspondant aux membres supérieurs, en arrière l'unité motrice correspondant aux membres inférieurs et en position intermédiaire le rachis. La force motrice des membres inférieurs entraîne des contraintes importantes sur le rachis et les membres supérieurs. Au rachis c'est surtout le segment lombaire qui souffre en raison des contraintes positionnelles (2,22). Un cycliste assis sur un vélo immobilisé par un stabilisateur et gardant son buste vertical, les mains posés sur un guidon droit ou même sans appui, reste en antéversion du bassin, conservant une lordose lombaire. En revanche, dès qu'il se met à pédaler contre résistance son bassin est basculé en arrière par la mise en jeu des extenseurs de hanches (grands fessiers et ischio-jambiers), ce qui efface la lordose lombaire et fait bailler les disques en arrière (8). La situation est en fait différente selon le terrain. Lors du pédalage en terrain plat ou en descente le cycliste a le buste penché en avant. L'existence simultanée d'une cyphose dorsale et lombaire est ici autorisée par l'horizontalité relative du tronc, comme chez un quadrupède. L'appui antérieur évite la contraction des extenseurs du tronc et l'apparition d'une surpression discale (21). Lors de la montée, les contraintes se modifient : le cycliste tire sur le guidon, comme s'il soulevait une charge éloignée de l'axe de son corps et les extenseurs du rachis sont soumis à un effort considérable, du fait de la longueur du bras de levier rachidien. Cette contraction est à l'origine d'une surpression discale importante. De plus, les extenseurs de hanches entrent en action et entraînent, comme nous l'avons vu, une rétroversion puissante, qui accentue encore la cyphose lombaire. Le bâillement discal postérieur est alors excessif et la douleur peut apparaître. La montée en danseuse est encore un cas particulier. Elle réduit au maximum le bras de levier rachidien lors de la montée. Elle permet donc d'utiliser pleinement la traction sur le guidon sans éprouver les extenseurs du dos et permet également de rajouter le poids du corps à la pression exercée sur la pédale. En revanche, elle a pour effet pervers de reverticaliser le rachis lombaire et d'entraîner à cet étage des inflexions latérales dangereuses pour les disques. En effet, le poids du corps se porte alternativement sur l'une puis sur l'autre pédale, déséquilibrant un système de force, dont la résultante passe par le disque L5-S1 (22). Une autre source de sollicitations latérales néfastes pour le disque est l'inégalité de longueur non corrigée des membres inférieurs (12). On voit donc à la lumière de ces notions de biomécanique que la pratique de la bicyclette peut avoir des effets variables sur le rachis lombaire selon le type d'effort effectué depuis la position économique du rouleur de plat aux contraintes excessives du champion, en "danseuse " sur son vélo lors de la montée d'un col.
3.1.2. Rachis cervical et dorsal.
Une bonne position sur le vélo n'accentue que faiblement la cyphose dorsale(18). L'amarrage bas des muscles postérieurs du cou favorise néanmoins les contraintes musculaires. En fait, ce sont surtout, les microtraumatismes répétés, surtout chez les adeptes du V.T.T. (vélo tout terrain), qui peuvent accentuer des lésions préexistantes, notamment chez le sujet jeune porteur d'une dystrophie de croissance. Au rachis cervical, le contrôle visuel des déplacements sur la route nécessite une contraction permanente des muscles cervicaux postérieurs pour maintenir la tête redressée. Or le rachis cervical est très mobile et supporte le poids de la tête soit 1/8e du poids du corps.


3.2. Manifestations pathologiques.
3.2.1. Rachis lombaire.
La pathologie lombosacrée du cycliste, lumbago, lombalgie chronique, sciatique est relativement fréquente et découle de la biomécanique déjà vue. Nous ne reviendrons pas sur la description de ces différents symptômes bien connus de tous et qui ne comporte pas d'originalité particulière. En revanche, certains points méritent d'être soulignés. On peut par exemple s'étonner d'observer à l'examen clinique chez certains coureurs un signe de Lasègue à 60 ou 70° alors que la pratique du vélo est encore possible, parfois même en compétition et que la position pédale basse entraîne une flexion de hanche supérieure à 80°. C'est ignorer la règle de la hauteur de la selle qui veut que la distance axe du pédalier-selle soit égale à la hauteur de l'entrejambe multipliée par 0,85 et donc que la jambe ait toujours une flexion minimale de 20 à 30° sur la cuisse(12). L'examen clinique du cycliste lombalgique doit donc toujours comporter un temps d'examen sur le vélo et la vérification par un technicien compétent des différents paramètres qui définissent le couple " homme-machine ". En effet, la lombalgie est souvent favorisée par un cadre trop court ou trop long, une hauteur de selle mal réglée, ou encore à des pédales faussées ou des manivelles inadaptées, les réglages devant se faire à quelques millimètres près. En revanche, la forme du guidon (plat ou course) ne semble pas intervenir dans la génèse des lombalgies pourvu que la hauteur du guidon soit correcte. La visite médicale d'aptitude (19), étape incontournable avant la pratique du vélo en compétition, permet en pratique de distinguer deux groupes de postulants à la pratique de la bicyclette: ceux qui n'ont pas d'antécédent lombaire et ceux qui en ont déjà souffert. Aux premiers il convient de souligner le risque discal, qui apparaît lors de la traction excessive sur le guidon en position assise, notamment en cas de cyphose exagérée et qu'il faut réduire par une mise en " danseuse ", malgré les inconvénients déjà vus, propres à cette position. Les inégalités éventuelles des membres inférieurs, souvent négligées lorsqu'elles sont modérées et à juste titre dans la lombalgie habituelle, doivent être au cours du sport cycliste soigneusement corrigées. De plus, la musculature abdominale devra être entretenue en parallèle de l'activité cycliste. Pour ceux qui ont des antécédents lombaires, il faudra au contraire souligner les effets néfastes de la mise en danseuse et leur conseiller la pratique du cyclisme en terrain plat ou peu vallonné. Pratiqué dans ces conditions il n'est pas rare de constater une amélioration de certaines lombalgies chroniques, surtout lorsqu'elles sont en relation avec une arthrose apophysaire postérieure. De même, les canaux rétrécis arthrosiques sont souvent améliorés par une bonne pratique du cyclisme. 3.2.2. Rachis cervical et dorsal.

Les douleurs de la nuque, des trapèzes et autres muscles de la base du cou et des épaules, sont banales et de nombre réduit. Les réglages de la machine sont, là encore, d'une grande importance. Les cervicalgies, mais aussi la plupart des dorsalgies, sont dues à une potence trop longue qui va obliger la cycliste à se coucher sur sa machine et à mettre son rachis cervical en hyperextension pour regarder la route devant lui. Chez l'adolescent, le cyclisme, et notamment la pratique du V.T.T., par la flexion permanente qu'il impose et les micro-traumatismes transmis, semble constituer un facteur aggravant de la maladie de Scheuermann qui, comme la scoliose évolutive, constitue une contre-indication à la pratique de la bicyclette, du moins en tant que sport habituel. Les courbatures des muscles paravertébraux sont assez banales en fin de course ou dans les heures qui suivent une sortie. Elles disparaissent en règle générale en 24 à 48 heures.


4. La sciatique du cycliste, syndrome du pyramidal du bassin.
4.1. Rappel anatomique.
Le muscle pyramidal du bassin ou piriformis (5) a pour origine la face antérieure du sacrum, le bord de la grande échancrure sciatique et la face externe du grand ligament sacro-sciatique. Il se termine au bord supérieur du grand trochanter (Fig. 5). Recouvert par le muscle grand fessier (gluteus maximus), il se trouve à la face profonde de la fesse, au dessus du jumeau supérieur (gemellus major) avec lequel il délimite le canal sous pyramidal qui contient les nerfs et vaisseaux honteux internes, et surtout le nerf sciatique. A côté de cette description classique il existe des variations anatomiques (anomalies de la division du nerf sciatique ou passage d'une branche nerveuse à travers le muscle pyramidal) qui peuvent être une des causes possible de ce syndrome. Le muscle pyramidal est rotateur externe de hanche lorsque celle-ci est en extension et devient abducteur lorsque la hanche est en flexion.

4.2. Symptomatologie.
Le syndrome du pyramidal se présente chez le cycliste (15) comme une douleur fessière localisée, profonde, irradiant à la face postérieure de la cuisse et survenant lors d'une sortie prolongée ou à l'occasion d'une compétition. La douleur oblige parfois à l'arrêt du sport en raison de sa ténacité. Elle peut s'accompagner de paresthésies à la face postérieure de la cuisse. Bien entendu, elle pose d'abord le problème de son origine discovertébrale. Cependant, un certain nombre d'éléments anamnestiques vont permettre de penser au syndrome du pyramidal du bassin : absence de lombalgie associée, douleur accentuée ou déclenchée par la position assise prolongée sur le vélo et volontiers aggravée par le décubitus. L'examen clinique constate l'absence de tout signe rachidien et de signe de Lasègue. L'examen neurologique est normal. L'inspection peut retrouver néanmoins dans les formes traînantes une amyotrophie du grand fessier (gluteus maximus). La palpation de la fesse trouve parfois une contracture douloureuse, profonde para-sacrée. Un signe de Tinel à la percussion du nerf est rarement positif mais doit être recherché, à 3 cm sous la ligne tracée entre l'épine iliaque postéro-supérieure et le grand trochanter. Le diagnostic positif est en fait étayé par trois manoeuvres réputées spécifiques (10) mettant le membre inférieur en rotation interne, rétrécissant ainsi le canal sous pyramidal. La manoeuvre de Freiberg déclenche la douleur en mettant en tension le pyramidal (adduction et rotation interne du membre inférieur en extension). La manoeuvre de Pace et Nagle reproduit la douleur par la contraction résistée du muscle (abduction contrariée en position assise). La manoeuvre de Beatty provoque la douleur en plaçant le membre inférieur en abduction et rotation externe, le patient étant en décubitus latéral du côté sain, genou fléchi reposant sur la table. Les examens d'imagerie sont fondamentaux car ils permettent d'éliminer une cause vertébrale à la douleur. Certaines observations ont pu mettre en évidence une hypertrophie du muscle à l'I.R.M. et au scanner, par rapport au côté opposé(10). L'électromyogramme permet parfois d'affirmer la souffrance du nerf sciatique et de différencier atteinte tronculaire et radiculaire. De plus, l'étude électrologique des muscles innervés par les nerfs fessiers supérieur et inférieur permet une approche topographique du niveau de la compression. Cette étude est encore sensibilisée par des enregistrements positionnels (manoeuvre de Freiberg). Le diagnostic de syndrome du pyramidal reste néanmoins un diagnostic clinique et d'élimination des pathologies avoisinantes
.
4.3. Etiopathogénie.
Trois grands types de cause sont habituellement évoquées pour expliquer le syndrome du pyramidal (10).
4.3.1. Les modifications du muscle piriformis.
L'hypertrophie du piriformis est la cause la plus fréquente en pathologie sportive et plus particulièrement au cours du cyclisme. Le pied fixé sur la pédale, bassin en mouvement, tel que le réalise la position en danseuse, le pyramidal entraîne une rotation de tout le corps autour du fémur. De plus, à chaque appui sur les pédales le muscle intervient dans l'extension de la cuisse. Un surutilisation de ce petit muscle peut entraîner son hypertrophie. Les microtraumatismes répétés par la selle de la bicyclette constitue en fait la cause majeure. L'appui sur la selle, penchée en avant, les mains en bas du cintre, entraîne une compression chronique du muscle et de son paquet vasculo-nerveux. Il s'en suit une souffrance locale du muscle et souvent une compression vraie -tronculaire- du nerf sciatique.
4.3.2. Les malformations anatomiques.
Les anomalies de division du nerf sciatique ou la traversée anormale du muscle piriformis par les troncs nerveux peuvent constituer des facteurs favorisant de la souffrance locale. Ces anomalies , sans être fréquentes, se retrouvent tout de même chez près de 15à 20% des sujets. Les travaux anatomiques de Beaton et Aanson (1) et Pecina (17) montrent que la disposition normale n'existe que dans , respectivement 84,2% et 78,46%.
4.3.3 Les causes morphostatiques et autres causes indirectes
L'inégalité des membres inférieurs encore accentuée par le pédalage entraîne un étirement du muscle avec une contraction réflexe lorsque le bassin s'incline sur le côté le plus court. L'hyperlordose et le flexum de hanche entraîne également une augmentation de la tension du piriformis. Certaines lésions de la sacro-iliaque et des modifications de l'anatomie locale du bassin peuvent entraîner également des anomalies du piriformis.

La correction de certaines erreurs techniques peut corriger un surmenage du pyramidal : position trop à l'avant ou trop à l'arrière à modifier, grands braquets à éviter et bien sûr adapter parfaitement le sportif à sa machine. Le manque d'entraînement ou le surentraînement provoquent l'un et l'autre de mauvaises positions sur la selle (14) (tendance à se mettre en " bec " de selle pour améliorer l'efficacité des ischiojambiers).


5. La pathologie tendineuse du genou.
Les tendinopathies du genou sont fréquentes chez le cycliste.
5.1. Les tendinites de la " patte d'oie ".
Ce sont les plus fréquemment rencontrées (9). La " patte d'oie " [6] est la terminaison en éventail sur la face interne du genou des tendons du couturier (sartorius), du droit interne (gracilis) et du demi-tendineux (semi-tendinosus). Ces tendons se disposent en un plan superficiel formé par le tendon du couturier, séparé par une bourse séreuse du plan profond réunissant le demi-tendineux et le droit interne. Le plan profond est séparé du ligament latéral interne par une bourse séreuse communiquant avec la bourse superficielle, et dont la limite supérieure affleure une horizontale passant par la tubérosité antérieure du tibia. Ils sont fléchisseurs et rotateurs internes du tibia sous le fémur ; ils assurent la stabilité en rotation de la jambe fléchie.
La douleur siège sur la face interne du genou à deux travers de doigt au dessous de l'interligne, en arrière de la tubérosité tibiale antérieure. Il existe parfois une irradiation à la jambe. La douleur persiste souvent au repos, mais elle est aggravée par la marche et la descente des escaliers, et bien sûr par le pédalage.
A l'examen, on palpe un point douloureux précis situé nettement au dessous de l'interligne articulaire. La flexion contrariée et la rotation externe reproduisent la douleur. Il est parfois possible de palper des nodosités tendineuses. Une tuméfaction avec hyperthermie cutanée, placard érythémateux, traduit une bursite [6] qui peut parfois être ponctionnée.
Les radiographies sont généralement normales.
Le traitement comporte, outre les moyens habituels non spécifiques, la recherche d'un trouble de la rotation tibiale : vérification de la position des cales ou de la pédale automatique et recherche d'un axe de pédale faussé

5.2. Les tendinites de l'appareil extenseur [11]
Elles touchent le tendon rotulien, le tendon quadricipital, les ailerons rotuliens. Une rupture du tendon quadricipital peut s'observer chez le cycliste de haute compétition.
La survenue des ces tendinopathies de l'appareil extenseur doit faire rechercher :
¥ un effort anormal : braquet trop grand, pédalage en danseuse excessif, sprints trop intenses ou trop fréquents, parcours sur chaussée dégradée.
¥ un défaut technique générateur d'une hyperflexion du genou: manivelles trop longues, selle trop basse, cadre trop ramassé, selle pointée vers le bas, position trop avancée sur la selle.

5.3. Les tendinopathies de la face externe du genou.
Elles ont en commun d'être souvent provoquées chez le cycliste par une rotation interne excessive du tibia. Il convient alors de vérifier, outre le matériel (cales, pédales) la liberté de la mobilité de la cheville. En effet un pédalage souple nécessite une flexion dorsale de la cheville d'au moins 15°; les enraidissement de la cheville, obligent le cycliste à effectuer une hyperpronation pour franchir le point mort supérieur ce qui entraîne une hyper-rotation interne du tibia.
Dans la tendinite du biceps, la douleur siège à la tête du péroné [20] avec parfois un épanchement de la bourse séreuse qui lui est annexée. Le traitement comporte les corrections techniques et un traitement non spécifique: repos initial de 15 à 30 jours, physiothérapie, anti-inflammatoires non stéroïdiens, infiltrations locales.
Le syndrome de balayage du fascialata contre la face externe du condyle s'observe beaucoup moins fréquemment chez le cycliste que chez le coureur à pied.

5.4. Les tendinopathies de la face postérieure du genou.
La douleur d'insertion des jumeaux siège à la partie supérieure du creux poplité. La lésion du plantaire grêle qui peut aller jusqu'à la rupture (avec apparition d'un hématome) peut être confondue avec celle des jumeaux.


6. Pathologie articulaire du genou
La " patelle cornue " du cycliste [3] est une réaction ostéophytique par hyperutilisation, bien visible sur le cliché de profil. Elle peut rester totalement asymptomatique, et l'on ne doit pas rattacher abusivement une gonalgie à ces images parfois exubérantes. Les syndromes rotuliens sont fréquents chez les cyclistes, surtout en fin de carrière. Ils justifient la recherche d'une dysplasie. Ils sont rebelles et leur traitement difficile. La pathologie de la plica synoviale interne ne semble pas fréquente dans le cyclisme.

8. L'endofibrose iliaque externe [12].
Il s'agit d'une claudication vasculaire d'effort qui touche électivement le cycliste de haute compétition, qui a commencé tôt ce sport et qui a parcouru plus de 50000 kms dans sa carrière. Il n'est donc pas question d'envisager ce diagnostic chez un cycliste de loisir. Cette pathologie est liée à un allongement, à un coudage et à un rétrécissement du calibre de l'artère iliaque externe dans son trajet dans le bassin. Les tractions sur cette artère mobile, par les coups de pédale seraient à l'origine de sa déformation. Lors d'efforts intenses, il se produit une hypoxie des muscles du membres inférieurs.L'affection touche les coureurs de 20 à 29 ans ; la symptomatologie comporte :
¥ une douleur du membre inférieur prenant son origine dans la cuisse ; cette douleur s'accompagne d'une sensation de paralysie, de " jambe qui ne répond plus ".
¥ une sensation de grosse cuisse ; cette sensation de cuissard trop serré est bien connue des cyclistes, mais dans l'endofibrose elle revêt un caractère très particulier car elle survient toujours dans un effort maximal: sprint, montée violente, attaque, course contre la montre et elle oblige a interrompre cet effort.
L'examen clinique est normal; la prise des pouls aux membres inférieurs est normale; il est exceptionnel de percevoir un souffle sur le trajet de l'artère.
La plupart des examens complémentaires n'apportent que des éléments négatifs: radiographie, scanner, phlébographie, electromyogramme. L'artériographie est souvent normale. L'échographie peut montrer un épaississement de la paroi artérielle. Le Doppler artériel n'est perturbé au repos qu'en cas d'oblitération complète de l'artère ce qui n'est pas habituellement le cas. En fait le diagnostic ne peut être établi que par un test d'effort sur bicyclette avec prise de tension aux bras et aux chevilles avant et après un effort reproduisant la douleur. L'effondrement de la tension à la cheville du coté atteint signe le diagnostic.
Le traitement de l'endofibrose iliaque externe est uniquement chirurgical. Il nécessite donc un diagnostic précis qui, bien entendu est affaire de spécialistes habitués à cette pathologie rare et apanage des champions.
9. Pathologie de la selle.
9.1. La compression du nerf honteux interne.
La compression du nerf honteux interne entre la selle et la face interne de l'ischion est une complication neurologique classique des longs trajets à vélo. Souvent favorisée par le froid elle survient le plus souvent lors de la position en " bec de selle ". Elle entraîne un certain degré d'insensibilité de la verge, plus rarement des fuites urinaires. Elle cède facilement aux changement de position et à la modification de l'inclinaison de la selle.
9.2. Le " troisième testicule " du cycliste
Les microtraumatismes répétés pendant des jours et des jours de course entre le bec de la selle et le périnée, notamment chez les coureurs des 6 jours, favorisent parfois l'apparition d'un kyste fibreux liquidien du périnée, dont l'aspect rappelle un hygroma et qui, rarement il est vrai, peut prendre une certaine grosseur et évoquer " un troisième testicule ".
9.3. La bursite ischiatique.
Le poids du corps du cycliste repose sur ses ischions qui s'appuient sur chaque cotés de la selle. Celle-ci doit être adaptée à la largeur du bassin du coureur ; en particulier, les femmes , dont le bassin est plus large utilisent en course des selles plus larges. Le contact prolongé des tubérosités sur la selle, peut provoquer l'inflammation d'une bourse séreuse qui est située entre la tubérosité et les muscles fessiers. La douleur est souvent localisée mais elle peut s'accompagner d'irradiations à la face postérieure de la cuisse et de dysesthésies. Le traitement comporte le repos, les anti-inflammatoires, les infiltrations et une tentative de modification de la selle et de la position .
CCONCLUSIONONCLUSION

 


La pathologie que nous avons abordée concerne essentiellement le pratiquant de bon niveau. En loisir, la pratique occasionnelle du cyclisme est rarement à l'origine de manifestations pathologiques. Elle doit néanmoins être déconseillée aux sujets porteurs de cervicalgies invalidantes, d'arthropathies des mains ou des poignets, ainsi que d'un syndrome fémoropatellaire. En revanche, l'arthrose interapophysaire postérieure, la coxarthrose, peuvent bénéficier de la pratique du cyclisme.
Quoiqu'il en soit, il convient toujours de conseiller l'utilisation d'un matériel bien réglé, et adapté à l'anatomie du sujet.

 


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